Marie Claire THOMAS

Biographie

Marie-Claire Thomas est artiste plasticienne, peintre autodidacte, elle développe une pratique artistique depuis 1993. Elle vit et travaille dans la région lyonnaise, territoire fortement marqué par l’histoire des migrations italiennes,

ce qui constitue un socle important de ses recherches plastiques.

Son travail explore les notions de mémoire, d’identité, d’attachement et de transmission, en lien étroit avec les récits migratoires et l’histoire des déplacements humains. Fille d’immigrés italiens, elle interroge à travers ses œuvres

l’ « entre-deux » des identités migrantes, la persistance des liens affectifs et la difficulté de l’ancrage.

Sa pratique se situe à la croisée de la peinture, du dessin, du textile et de l’installation. Les motifs du fil et du linge, issus de l’imaginaire populaire italien, traversent son travail comme des métaphores du lien, à la fois soutien et entrave. Elle expose régulièrement en France et en Italie et développe des projets mêlant création artistique, installation et médiation.

Démarche artistique

ATTACHES…
Je peins mes origines…

Entre attache et errance, une peinture du fil, du lien, du territoire…

Le travail de Marie-Claire Thomas explore la notion de déplacement, de déracinement, de séparation et de transformation. Plus qu’un simple questionnement sur la migration, les œuvres incarnent cet « entre-deux », ce territoire fragile où l’individu oscille entre l’enracinement et l’absence, entre le visible et l’invisible. La métaphore du linge qui sèche, ancrée dans la culture italienne, devient un langage pictural. Des êtres pris dans un réseau de fils, reliés autant qu’entravés, interrogent la nature de l’attachement. Ces entrelacs, traces du passé et du présent, dessinent des paysages affectifs où la distance ne dissout pas le lien, mais le transforme. Tracer, suspendre, nouer : chaque fil peint est un geste de mémoire, une tentative de saisir ce qui nous constitue, nous attache, nous empêche ou nous révèle. Attaches ou entraves ? Que reste-t-il de nos origines lorsque le corps s’inscrit ailleurs ? Jusqu’où le fil peut-il s’étirer sans rompre ? Une œuvre de tension et d’équilibre, où la peinture devient un espace de résonance, une cartographie intime des empreintes invisibles qui nous façonnent.

Fille d’immigrés italiens, son travail s’inspire de l’histoire de ces hommes qui ont tout quitté́ pour un ailleurs plus acceptable.

L’humain est au cœur de l’œuvre, les corps apparaissent, sans intension particulière, ils sont en lévitation comme s’ils avaient du mal à trouver une place, un ancrage solide, coincés entre “deux mondes”, deux pays, deux langues, deux cultures…

Le motif du fil et du linge traverse l’ensemble de mon œuvre. Issu de l’imaginaire populaire italien, le linge suspendu devient une métaphore du lien affectif et de la transmission. Les fils relient, soutiennent, maintiennent une continuité avec les origines, mais ils peuvent aussi entraver, retenir, devenir des chaînes invisibles qui empêchent de se réinventer ailleurs.

Cette ambivalence — attaches ou entraves — est au cœur de sa recherche plastique.

L’ensemble de l’œuvre est un hommage à celles et ceux qui ont vécu l’exil et l’attente, mais aussi à toutes les femmes et les hommes restés en arrière, porteurs silencieux de la continuité.

La peinture de Marie-Claire Thomas est narrative, figurative et expressive, la main est guidée par l’émotion à travers différentes techniques (encres, acryliques, pastels gras, fusains…) :

« Je cherche, j’interroge la matière, je gratte, je joue avec les couleurs pour faire émerger ces figures anonymes du fond de moi-même et, inlassablement, je trace des fils avec l’obsession, non seulement de rassembler, mais aussi de montrer combien ces liens peuvent devenir, pour tous ces exilés, des chaînes qui empêchent de se reconstruire ailleurs.

 Je ne cherche pas à représenter une réalité mais plutôt à tracer mon histoire, l’histoire des miens et à apaiser le doute… »